Jacco Gardner, magicien de pop baroque. Photos.

Ca y est, enfin le dégel ! Les salles de concerts parisiennes commencent à rouvrir les unes derrière les autres après une courte période d’hibernation. C’est l’occasion pour StreetGeneration de reprendre également du service. Nous entamons cette nouvelle saison par un concert annoncé sold-out depuis quelques semaines déjà, celui de l’inépuisable Jacco Gardner. Les bobos, tendance rive gauche, toujours à l’affut de ce qui sort de l’ordinaire, s’étaient donnés rendez-vous à la Maroquinerie vendredi dernier. De notre côté, nous avions réellement envie de confirmer notre première impression sur ce multi-instrumentiste de pop baroque rencontré il y a quelques mois déjà.

_DSC8489Orval Carlos Sibelius, une formation majoritairement française mais qui regroupe aussi d’autres nationalités, était invitée pour assurer la première partie. Les six membres présents sur scène nous ont révélé une musique s’inspirant d’un rock singulier. Ils réussissent à intégrer des instruments à vent parmi la traditionnelle tripartite : guitare, basse, batterie. Avouez que flûte traversière et trombone sont assez peu banals et même plutôt surprenants dans un tel ensemble. Cependant et malgré la bonne volonté du chanteur qui donne tout ce qu’il a, la mayonnaise a du mal à prendre avec le public qui reste impassible. L’ensemble est cohérent, de bonne qualité, mais on s’ennuie un peu pour un début de week-end.

Courte pause accompagnée d’un délicat fumet de steak frites.

Les cuisines de la Maroquinerie tournent à plein quand Jacco Gardner prend place, l’air intimidé, derrière son synthé. Nous l’avions rencontré en novembre dernier à l’occasion du festival Les Inrocks à la Cigale et nous gardons le souvenir d’une prestation jouissive ce soir-là. C’est un jeune homme de la trentaine, plutôt avenant et même sympathique, si on en juge à notre courte rencontre avec lui dans le hall de la Maroquinerie. Nous l’avons aidé à retrouver son chemin vers les loges alors qu’il semblait totalement désorienté, au beau milieu du public, tout en arborant un large sourire en partie masqué par ces cheveux longs. Cela fait plus d’une année que Jacco est sur les routes d’Europe et le nombre de concerts déjà donnés sur cette période est réellement impressionnant.

L’ambiance est calme et sereine alors que les musiciens qui l’accompagnent entrent en scène. Un drap blanc recouvre le mur arrière et servira d’écran de fortune pour une projection de vieux films en noir et blanc durant le show. Lorsque Jacco salue la salle, on ressent un frisson parcourir le public. Assister à une de ses prestations relève plus de l’expérience sensorielle que d’assister à un concert classique. Ce petit magicien de la musique, malgré son aveuglement lié aux projections vidéo, va réussir son tour de séduction en enchaînant les morceaux les uns derrières les autres, tantôt aux percussions, au synthé ou à la guitare électrique. Nous pouvons remercier la Hollande de nous envoyer un peu de douceur au travers de Jacco et de ses compositions qu’il nous tarde de redécouvrir sur son premier album Cabinet Of Curiosities paru en février il y a tout juste un an.

William Soragna

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William Soragna conjugue sa passion pour la musique et son talent de photographe pour illustrer les articles de Freakshow magazine.

1 Comment

  1. Huillet Reply

    Merci pour toutes ces infos, voici une bonne lecture. J’ai appris différentes choses en vous lisant, merci à vous. Bonne journée à tout le monde ! Fabienne Huillet neonmag.fr

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