FKA Twigs illumine le carreau du temple

Cela fait plusieurs mois que Tahliah Barnett alimente le buzz sur internet. En effet la jeune anglaise de vingt-six ans, qui compte à son actif deux EP et un 45 tours sortis en éditions ultra limitées sous couvert de FKA Twigs (FKA signifiant Formely Known As, son premier EP étant sorti via le simple patronyme Twigs), a parfaitement su lancer sa carrière en version 2.0 avec notamment la vidéo de Water me, visionnée déjà plus de deux millions de fois depuis aout 2013. Aussi, son premier passage en France ne pouvait se dérouler que dans un lieu inhabituel et surtout adapté à l’évènement.

C’est au carreau du temple, espace branchouille situé à deux pas de République et du Marais que la belle s’est donc produite. Toutefois quelle ne fut pas notre surprise à la découverte du lieu qui s’apparente davantage à un amphithéâtre qu’à une salle de concert. Certes la capacité, de l’ordre de 350 places, reste de l’ordre de l’intime mais devoir découvrir cette artiste en position assise n’était probablement pas la décision la plus judicieuse qui soit. D’autant que le show fut précédé par un DJ Set de Sims. Le français s’est amusé pendant cinquante-cinq minutes à mêler R’N’B, Soul, Hip-hop, Funk, 2 step sous couverts de scratchs. Pas forcément déplaisant, mais un peu surprenant, voire inadapté au fait que l’audience, bien qu’assez jeune, est tout bonnement restée sagement enfoncée dans son fauteuil dans l’attente de l’arrivée sur scène de ce qui constituait l’évènement de cette soirée.

Il faudra encore patienter trente minutes, dont quinze dans une semi-obscurité, à ingurgiter une musique new-age hindhoue voire tibétaine pas franchement relaxante avant que les quatre membres de FKA Twigs prennent enfin possession de la scène. Perchée sur de hauts talons, vêtue d’un costume satiné et d’un bustier noir dévoilant une partie de son anatomie, Tahliah Barnett impressionne immédiatement par son aisance sur scène. Encadrée par ses trois comparses principalement axés sur les batteries et rythmiques électroniques, la chanteuse montre qu’elle a du coffre en passant des chuchotements à une montée vocale stupéfiante au cours de Weak spot morceau inaugurant son concert parisien.  Ne se limitant pas à toucher le public avec sa voix incroyablement juste, la britannique danse lascivement dans la lumière turquoise qui se conjugue à merveille avec les sonorités électroniques de ses compositions. Celle qui se faisait appelait il y a encore peu Twigs affiche sur scène cette moue assez caractéristique des photos qu’on peut trouver d’elle sur internet. Mais elle va rapidement retrouver le sourire en lâchant un « Merci beaucoup » murmuré à l’issue de Ache. Indiscutablement l’artiste dégage quelque  chose de magnétique et concentre toute l’attention du public sur elle. Il est vrai qu’à l’exception de lumières bleues, rouges, mauves et d’un léger brouillard produit par les fumigènes, le cadre du set est assez minimal. Les beats, souvent déstructurés, résonnent jusque dans les sièges de la salle et amplifient le pouvoir de séduction de la londonienne. Le public s’enflamme dès les premières notes de ‘Water me’, mais ne se lèvera pas malgré la proposition de la british alors qu’elle tombe la veste. L’univers musical de FKA Twigs reste ténébreux et ne franchit jamais la limite du commercial. L’anglaise a dû suffisamment fréquenter les bancs de l’école Young Turks de Jamie XX pour savoir ce qu’elle peut et ne doit pas dépasser.  Trois inédits furent présentés hier soir, dont l’excellent Pendulum, où la danse provocante et  décalée par rapport au rythme musical pouvait  rappeler celle de Salma Hayek dans le culte Une nuit en enfer de Robert Rodiguez. Sa prestation se conclut avec How’s that morceau phare du second EP sous une nuée d’applaudissements. La lumière apparaît rapidement dans la salle, empêchant tout espoir de rappel.

Les quarante-cinq minutes de cette prestation peuvent paraître un peu courtes, mais il ne faut pas oublier que ce concert était dans le cadre d’une petite tournée promotionnelle en Europe. L’anglaise a, et c’est ce qui compte,  joliment passé l’épreuve de la scène.  Il y a fort à parier que la sortie du premier album, sans date officielle pour le moment, accélérera le mouvement et que l’on retrouvera probablement de nouveau Tahliah Barnett sur une scène parisienne d’ici la fin de l’année 2014.

Setlist :

Weak spot

Ache

Lights on

Water me

Pendulum

Hide

Give up

Papi pacify

How’s that

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