Nasser – La Laiterie Strasbourg

En mai la Laiterie à Strasbourg accueillait enfin le trio marseillais pour la tournée qui accompagne la sortie récente de leur album #7.

Après 3 EP qui tournent en boucle sur notre itunes et la belle claque auditive de leur passage à Mulhouse avec les Lanskies il y a deux ans, nous avions hâte de découvrir ces nouvelles pépites en live, dimension dans laquelle Nasser donne sa pleine mesure. [ par charité chrétienne, point d'évocation de la première partie en revanche, affectés que nous sommes d’une allergie aïgue à la popounette ].

Si on décrit Nasser comme un éniéme groupe turbinant dans l’electro rock c’est un peu vague comme description, et surtout, surtout très réducteur tant ils survolent ce territoire avec brio. Si on cause disco/punk, on y est, et on penserait d’emblée LCD Soundsystem. Mais si James Murphy , lui, s’est dispersé dans de multiples directions et références plus ou moins évidentes au gré de ses expérimentations, les Nasser eux, ont concentré leurs efforts pour garder l’essentiel de ces deux univers.

 En deux mots : une simplicité et efficacité qui se retrouve jusqu’au nom de leurs albums: #1, #2, #3…. Une électro au son dense, chaud et puissant, une guitare alternant riffs rageurs et envolées plus acides, et des beats appuyés par une batterie efficace qui n’est pas sans rappeler le Cerrone des grandes années.

La spécificité de Nasser réside dans son concept: Romain aux machines au fond, Simon tantôt avec son compère, tantôt seul avec sa guitare au centre de la scène, occupant tout l’espace. Nicolas est à droite avec sa batterie et… au chant. Car Nasser, à l’instar des japonais de 8otto ( existent t-ils encore, à découvrir aussi d’urgence… ) a un batteur-chanteur.

Son dispositif est assez étonnant d’ailleurs: support passant au dessus de sa tête, micro haut et reculé qui lui donne une posture dorsale très droite, rigide, aussi contraignante qu’élégante au final. Cela ne l’empêche pas de se lever régulièrement pour parcourir nonchalament le bord de la scène, taper dans ses mains ou lancer à la volée son récurrent “et maintenant les amis, foutons le bordel !”

Et d’ailleurs le public n’attend pas l’injonction du maître de cérémonie tant l’efficacité du son des marseillais, très typé et reconnaissable, nous met des fourmis dans le jambes. La répétition est  souvent la base de la pédagogie mais  c’est aussi celle qui mène à la transe ce soir ! Le rythme est implacable, carré, et les morceaux s’enchaînent, se fondent, se confondent parfois, et finissent par nous emporter. Alors oui, on peut trouver la ficelle un peu grosse, répétitive si on résiste un peu ( oh pas beaucoup ) mais peu importe le flacon tant qu’on a l’ivresse. Nasser nous enivre sans saouler. Le troisième rappel nous achèvera avec un splendide “retrosexual”. Show me your tits, show me your legs… nous n’avons pu montrer que nos bleus sous ces uppercuts sonores.

Texte et photos : Patrice Hercay. 

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Mauro Melis est co-fondateur et rédacteur en chef du site Freakshow Magazine. Lui-même grand passionné de photographies de concerts, il n'hésite pas à partager quelques galeries d'image de temps à autre sur ce site.

Website: http://wwww.mauromelis.fr

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