The Cure @ BottleRock Napa, un excellent cru 2014!

35 années déjà !

C’est un certain Chris Parry qui a le premier, un déclic, à l’écoute d’une cassette de trois jeunes garçons imaginaires. Sans attendre, il décide de les signer et de fonder par la même occasion le nouveau label de disques Fiction Records. The Cure est né. Le groupe détonne avec son tout premier album Three Imaginary Boys qui parait au beau milieu d’une Angleterre encore bercée de punk et de quelques résonances glam-rock. Issu de Crawley, en banlieue londonienne, le trio composé alors de Lol Tolhurst à la batterie, Michael Dempsey à la basse, et Robert Smith à la guitare, va rapidement se trouver au centre de toutes les attentions. L’invitation de John Peel à venir jouer et à être diffusé sur les ondes de la BBC marquera le lancement de la carrière de The Cure.

Toujours plus de succès.

The Cure n’a cessé d’évoluer, de muter, de se réinventer tout au long de sa carrière pour finalement aboutir aujourd’hui à l’étape bilan de son histoire. D’une musique post-punk nerveuse, puis cold-wave décharnée, le groupe est ensuite passé à la production d’une musique pop-rock avec des élans psychédéliques. Mais The Cure a avant tout réussi à créer son propre son, savante harmonie de tonalités sombres et d’une pop joyeuse, que nombres de jeunes groupes continuent de saluer comme une référence aujourd’hui. Le groupe a indéniablement marqué son époque dans les années 80 en Europe, mais également dans les années 90 aux Etats-Unis. Aujourd’hui le groupe n’a plus rien à prouver, et Robert Smith le sait bien. Il a reconstitué une formation guitares et synthé depuis quelques années autour de lui. Reeves Gabrels complète ainsi le line-up historique constitué de Simon Gallup, Jason Cooper, et Roger O’Donnell. Faire de la musique pour le plaisir, cela semble être le seul leitmotiv de la petite bande, qui n’apparait plus que très rarement aujourd’hui à l’occasion de festivals ou de soirées de charité.

Festival au beau milieu des vignes de Napa.

C’est à quelques dizaines de miles de San Francisco que The Cure a choisi de se rendre pour jouer pendant le festival Bottlerock Napa aux côtés d’Outkast et d’Eric Church qui étaient les autres têtes d’affiches cette année. L’idée même de contempler une nouvelle fois la baie, et son Golden Gate depuis Twin Peaks nous a rapidement titillé. Et quelle meilleure opportunité de voyager qu’un concert de The Cure ? Nous avons donc suivi le vieil adage « En mai, fais ce qu’il te plait » et nous sommes rendus sur place le 30 mai dernier. Installé au beau milieu d’une zone pavillonnaire, le festival nous a accueillis sous le légendaire soleil californien. C’est donc tout naturellement avec un coup de soleil sur le crâne que nous avons applaudi The Cure entrant sur scène en plein jour à 19h30.

Friday I’m In Love.

Les festivals se suivent et se ressemblent pour The Cure. Le groupe a pour habitude d’enchaîner principalement les singles qui ont fait son succès. Les fans de la première heure, en général plus intéressés par d’autres morceaux ne sont cependant pas en reste, grâce à quelques master pieces qui se sont glissés ici ou là dans la setlist. Ainsi Shake Dog Shake est servi en introduction, suivi de près par l’envoûtant Fascination Street. Un peu plus tard on se délecte d’une délicieuse version de Catch dont la vidéo sur les bords de la méditerranée nous revient soudainement en mémoire. Plus tard, nous sommes agréablement surpris par le retour de Before Three qui n’avait pas été interprété depuis une dizaine d’années, malgré une version pas au top. Deux heures après le premier morceau, The Cure nous cueille avec l’ensorcelant Want, suivi du puissant One Hundred Years et du foutraque Give Me It qui clôture le set principal.

Durant le show, la nuit s’est faite, et le light show est devenu tout simplement incroyable, nous en avons pris plein les mirettes, et nous avons même oublié que la température venait de perdre dix degrés… La voix de Robert a quasiment été au top sur toute la longueur du show, Simon a fait virevolter sa basse comme jamais et Reeves nous a envoyé des riffs déjantés et jouissifs. Roger de son côté est tout sourire derrière ses claviers, quant à Jason il nous donne toujours l’impression d’être un sur-homme ! Alors que la foule chantait sur The Lovecats, Let’s go to bed, et Close to Me, pour un ultime rappel, l’organisation du festival a mis fin à la fête en débranchant tout simplement les amplis au beau milieu de l’interprétation de Why Can’t I Be you ?. Robert s’est avancé sur le devant de la scène et semblait désolé pour le public qui continuait de reprendre le refrain en coeur.
What a shame!

William Soragna

Tagged under:

Pin it

William Soragna conjugue sa passion pour la musique et son talent de photographe pour illustrer les articles de Freakshow magazine.

Log in or Sign Up