Royal Blood: buzz ou talent? Concert de l’Olympia. Photos.

L’ascension fulgurante du duo anglais Royal Blood n’a pas fini de nous stupéfaire. En un peu plus d’un an, le groupe est devenu un incontournable de la scène rock à tendance heavy au Royaume-Uni. En France, le son Royal Blood peine un peu à convaincre. Ce n’est pas faute de s’être produit à plusieurs reprises en moins de 6 mois: Rock En Seine, Les Inrocks, Bring The Noise, et même une apparition télé sur le plateau du Grand Journal de Canal+. Auréolé du Best British Band awards à la dernière cérémonie des Brits, le groupe joue ce soir à guichets fermés à l’Olympia. Freakshow Magazine fait partie des admirateurs du groupe de la première heure, et a eu l’occasion de se retrouver aux premières loges pour leur dernière prestation.

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Surprise, le management du groupe a pris des dispositions plutôt strictes pour l’accueil des photographes. Impossible de pénétrer dans la salle avant que le groupe soit sur scène, et autorisation de faire des photos uniquement pendant les deux premiers titres. Dommage car c’est Mini Mansions qui joue en première partie. Le trio américain s’apprête à sortir son deuxième album The Great Pretenders emprunt de dark psyche-pop ce mois-ci. A noter que cet nouvel album rassemble deux guests et pas des moindres: Alex Turner des Arctic Monkeys et Brian Wilson des Beach Boys. Après avoir fait un peu de forcing, nous sommes finalement autorisés à faire quelques photos du groupe, une occasion de recroiser la route de Michael Shuman, le bassiste de Queens Of The Stone Age. En effet, Zach Dawes, le fondateur du groupe, et Michael Shuman sont en réalité des amis d’enfance. Les premiers rangs de l’Olympia regorgent de fans de Royal Blood, mais semblent également conquis par la musique de Mini Mansions.

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Pendant la fameuse pause « offerte » par l’Olympia, les techniciens de la tournée de Royal Blood s’affairent sur scène. Nous voyons la différence avec les dernières apparitions du groupe à La Cigale ou au Point Éphémère, dans la manière de tout contrôler à deux ou trois reprises. Tandis qu’une personne s’apprête à prendre en photo la setlist fraichement gaffée au sol, son compact manque de voltiger dans les airs à la suite d’un coup de pieds donné par un des roadies. Entre la restriction à deux morceaux pour les photographes, et maintenant ce coup de pieds, le groupe semble tout simplement avoir pris la grosse tête.

Après 21h, la scène est enfin prête, et les fans commencent à s’impatienter dans les premiers rangs. Il faudra pourtant attendre 10 minutes supplémentaires avant d’entre-apercevoir Mike Kerr et Ben Thatcher s’avancer au plus près de la fausse pour saluer le public. Cela ne dure que quelques brefs instants. Ben s’installe alors à la batterie, Mike derrière son micro et le set démarre dans la hâte. Curieusement c’est avec la face-B Hole que le duo entame le set, avec un son déjà très lourd cadencé par une rythmique vive.

Passé le moment d’excitation des premières minutes, l’agitation des spectateurs, la tension produite par le tempo soutenu de la batterie, nous nous attardons un peu sur le chant de Mike. Nous avions déjà remarqué une petite faiblesse lors du dernier festival Bring The Noise. Cette nouvelle prestation nous le confirme: le talent de Mike ne réside pas dans sa voix, mais plutôt dans la maitrise de sa basse. Pour de nombreux spectateurs c’est une première ce soir, et ils vont à coup sûr se demander comment autant de sons peuvent sortir d’un seul instrument. Et c’est vrai que c’est toujours aussi bluffant.

Ben n’est pas en reste côté talent. Nous apprécions tout particulièrement la batterie et les rythmes parfois sophistiqués des compositions du groupe. Sur scène, le rendu est très fidèle à ce qu’on entend sur l’album studio et le batteur se donne sans retenue. Il déploie une puissance qui va crescendo sur toute la durée du concert pour finir quasiment épuisé sur Out Of The Black qui clôture le set en beauté. La tournée européenne a débuté la veille à Amsterdam, Ben est donc en pleine forme et ses mains semblent exemptes de petits bobos.

La complicité des deux protagonistes joue un rôle primordial sur scène. Et ce n’est pas si évident pour Mike de remplir la scène de l’Olympia. Il s’avance assez timidement sur le devant de la scène à de rares occasions, préférant rester cantonné derrière le micro. Les titres s’enchainent à une vitesse effrénée pour une durée de concert assez courte d’une heure et dix minutes. Difficile de tenir plus quand on a un seul album à son actif. Cependant, Royal Blood parvient à nous convaincre une fois encore grâce à quelques prouesses musicales. Le public est également sous le charme. Si vous avez manqué le rendez-vous, vous allez pouvoir vous rattraper cet été. Royal Blood est en effet à l’affiche de très nombreux festivals à travers le monde entier.

William Soragna
Remerciements: Arnaud @ Warner Music France

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William Soragna conjugue sa passion pour la musique et son talent de photographe pour illustrer les articles de Freakshow magazine.

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