Ride: la reformation inattendue à l’Olympia.

L’Olympia a fait le plein la semaine dernière en accueillant Ride, un groupe mythique pour de nombreux fans de shoegazing. Ce mouvement musical qui signifie littéralement jouer de la guitare en regardant ses pieds, a émergé à la fin des années 80. C’est à cette même période que Ride a connu un succès fulgurant. En à peine deux albums, le groupe est devenu un incontournable du UK Top 40, cumulant succès critique et public. Pourtant, les ambitions divergentes des deux fondateurs du groupe Andy Bell and Mark Gardener ne vont pas tarder à faire surface. L’émergence de la Britpop et de la Dance Music va en effet créer de nombreuses dissensions au sein de la bande, chacun souhaitant suivre une voie différente. La séparation du groupe est alors inéluctable et intervient au milieu des nineties. Andy Bell poursuivra sa carrière au sein d’Oasis, puis Beady Eye, tandis que Mark Gardener s’orientera vers d’autres voies. 20 ans plus tard, le groupe se reforme et crée donc la surprise en donnant quelques concerts à travers l’Europe et aux Etats-Unis en ce moment même.

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En première partie, c’est un groupe français avec un patronyme anglais qui ouvre la soirée. Man Is Not A Bird est une excellente surprise. Originaires de Paris, les quatre membres du groupe délivrent un son rock industriel chaotique, et décharné. Stroboscopes et changements de rythmes soudains nous entraînent rapidement dans un tourbillon sonore ensorcelant. Le tempo est effréné, pas le temps de comprendre ce qui se passe, le groupe nous cueille dès le premier titre, et ne nous lâchera plus jusqu’à la fin du set. Le premier album du groupe Survived The Great Flood est d’ores et déjà disponible sur l’ensemble des plate-formes numériques. N’hésitez pas à le découvrir, surtout si vous êtes amateurs de rock tendu distillant également quelques émotions subtiles.

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Ride est attendu comme le messie ce soir. Sans surprise, le public est constitué en majorité de quarantenaires qui sont venus retrouver leurs émotions évanouies avec leur 20 ans. Force est de constater qu’ils n’ont pas été déçus. Le groupe a promis de ne jouer que des anciens morceaux, c’est l’objectif même de cette reformation éphémère. Si Mark occupe la place centrale et est assez mobile, Andy a conservé son attitude low profile et se tient côté jardin. Le light show minimaliste ne fait pas la part belle au batteur Laurence -Loz- Colbert, ni au second bassiste Steve Queralt. Tout ou presque du set tournera autour du Ride première époque à part quelques titres significatifs de leurs albums suivants. Ce choix plutôt prudent à en croire certains, comble d’aise la fosse de l’Olympia. Celle-ci va sauter, hurler, danser pendant plus d’une heure trente, avec un moment d’extase musicale intense, pendant le rappel du groupe qui souhaite quitter Paris sur Chelsea Girl, son titre le plus emblématique.

William Soragna

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William Soragna conjugue sa passion pour la musique et son talent de photographe pour illustrer les articles de Freakshow magazine.

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