Plus de sons à Rock en Seine 2015. Photos.

ROCK EN SEINE 2015

(le report du samedi 29 août est ici)
(le report du dimanche 30 août est ici)

Plus de Sons !

Plus de Sons ; c’est le nom de l’association présidée par François Missonnier, qui officie depuis maintenant quinze années aux manettes de Rock en Seine.

Quinze années de festivals au Parc de St Cloud (malgré les rumeurs de déménagements, toujours d’actualité), plus d’un million et demi de visiteurs et des programmations rock éclectiques ; selon l’actualité, les moyens financiers et la force de persuasion du directeur de la programmation musicale.

Il est clair que, 2015 et avant même le début des vendanges précoces restera un très bon cru pour Rock en Seine. Cinquante concerts et une dizaine de têtes d’affiche, c’est la promesse faite et tenue par l’équipe de Rock en Seine.

Après une rentrée très déprimante question météo et un jeudi 27 août particulièrement pluvieux – on peut quasiment parler de mini déluge – le roi Soleil a tenu à  apporter son concours au Domaine de St Cloud ; la météo sera finalement estivale tout le week end.

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Habemus Papam

Pour ouvrir un Rock en Seine dont certains diront qu’il renoue avec un line up de qualité, les suédois bien frappés de Ghost B.C. A 15h30, sur la grande scène un faux pape aux postures sataniques (le leader, Papa Emeritus III) intronise le festival sous un soleil encore timide, mais qui commence à assécher les mares de boues provoquées par la pluie de la veille. Orgue Hammon et basse binaire en avant, la valse à deux temps de Ghost B.C nous renvoie au bon vieux temps du black metal, à une époque où Black Sabbath, pour ne citer qu’eux avaient eu la bonne idée de surfer sur le courant « en vogue » sur la cote Ouest des états-Unis et sur l’actualité démoniaque qui faisait la une des journaux à l’époque (Charles Manson ; L’Eglise de Satan…). Plus pop que leurs prédécesseurs (faudrait quand même voir à ne pas inquiéter les foules), le set de Ghost B.C vaut pour sa mise en scène, son anti conformisme et le défouloir politiquement incorrect qu’il offre. Mélodies et riffs sordides déjà maintes fois entendus, l’introduction du set, sous le titre, Masked Ball annonce un beau faux départ sous les notes mystiques et inquiétantes écrites par Jocelyn Pook qui illustra, en 1998 le dernier film de Stanley Kubrick, Eyes Wide Shut. La suite sera, paradoxalement beaucoup plus conformiste…

Kate Middle Town

Retour en France – après son passage remarqué à la Maroquinerie en avril dernier – pour le prodige du hip hop Anglais, l’orageuse, Kate Tempest. Sur la scène Pression Live, bien plus imposante que l’estrade de la célèbre salle du 11e arrondissement où elle parut très à l’étroit, Kate Tempest, accompagné de deux musiciens seulement a le champs libre pour laisser porter sa musique et son flow ravageur. Issu de la jungle urbaine, ce petit bout de fille, pas plus haute que Prince enchaîne les titres, The Beigeness, Hold Your Own ou, The Truth, a cappella – quasiment du spoken word – avec une aisance rare et un public accroché à ses lèvres qui distillent des discours engagés.

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Noir c’est noir

La scène de l’Industrie. Drôle de nom pour la scène qui jouxte, dorénavant les statues bicentenaires qui lui font face. Un changement d’axe, face à la grande scène qui ne fera pas du tout rigoler certains chanteurs intimistes se produisant sur cette scène, par la suite… Jeanne Added, récente sensation française attire tout ce que Rock en Seine compte de journalistes et d’amateurs éclairés. Cheveux platine savamment mis en bataille, tout dessus et tenue noir de jais, la chanteuse bassiste rémoise est accompagnée d’un percussionniste et d’une clavier sur scène. Avec un tel line up, pas de surprises. L’accent est mis sur les basses et le downtempo. De Miss It All à, A War Is Coming, la noirceur prédomine et l’électro pop vire souvent à l’électro clash. Celles et ceux qui comparaient Jeanne Added aux London Grammar révisent leur jugement ; Jeanne Added joue des boucles et des infrabasses comme ses aînés de Depeche Mode le faisaient dans leur période la plus gothique, il y a quelques décennies.

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My Sweet Clementine

Alors que Benjamin Clementine inaugure une nouvelle coupe de cheveux sur la scène de la cascade. Assis au piano à queue, une redingote verte sur le dos, celui qui, par bien des aspects imite le grand Screaming Jay Hawkins (la rage en moins), trouble son auditoire par sa voix et des titres comme, Nemesis ou, I Won’t Complain s’envolent dans les harmoniques au piano. Un set nocturne à une heure encore diurne.

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Coffee Shop

Depuis quelques mois, Jacco Gardner affole le milieu journalistique et les labels qui n’ont pas eu l’initiative ou la possibilité de le signer.  Pendant que Rodrigo Y Gabriela animent ce qui restera sûrement comme la plus belle fête participative de Rock en Seine 2015 – avec leur musique spanisante entraînante et leur propension à inviter le public sur scène – la scène de l’industrie accueille le jeune prodige Néerlandais. Celui que certains n’ont pas hésité à qualifier de « faussaire de génie » évolue dans la musique des sphères. Une musique froide diront certains pisse froid. Mais, une musique bien construite, bien délivrée et marquant la réunification entre le Pink Floyd, version sixties et la pop élégante des années soixante-dix. D’Hypnophobia (titre éponyme de son deuxième album) au très psyché, Where Will You Go, des airs et des volutes de Woodstock s’emparent de Rock en Seine…la coupe de cheveux de Jacco Gardner ne laissant aucun doute à ce sujet.

Fédération Française de Swagg

La conjugaison de deux formations que tout opposait, à la base – que ce soit chronologiquement ou caractériellement parlant – a donné naissance à un OMNI. FFS, mélange des Sparks des années 80 et du Franz Ferdinand des années 2000 n’en finit plus de surprendre et tromper son monde ! Russel et Ron Mael, dont on se remémore les clips d’une froideur réjouissante semblent, enfin avoir trouvé la bonne formule et prendre du bon temps accompagnés des écossais les plus pop de ces dernières années. N’ayant plus rien à prouver, les titres des Sparks comme, This Town Ain’t Big Enough For Both Of Us ou Achoo retrouvent une seconde jeunesse tant les duos entre Russel et Alex Kapranos sont réglés au millimètre. Police Encounters ou l’ironique, Collaborations Don’t Work, deux titres originaux de FFS sont déjà sur toutes les lèvres. Mais, c’est avec les cover des Franz Ferdinand que la foule immense pressée le long des allées arborées de la scène de la cascade est le plus réjouit et à l’aise. Do You Want To et Take Me Out concluent le temps fort de la première journée de Rock en Seine ; Ron Mael, au flegme et au cynisme légendaires se fendra même d’une session de silly danse, pantalon flottant remonté jusqu’au nombril ! Cool attitude.

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Tonnerre de Brest !

Sur les coups de 20h45, un Boeing 747 semble prendre son envol du côté de la grande scène. Avec la même finesse qu’un réacteur Pratt et Whitney, les américains de The Offspring entament leur tour de chant avec une délicatesse, déconcertante ! Devant une foule gigantesque et avec un niveau sonore indécent, le bruit des skate punk californiens l’emporte facilement sur leurs mélodies.

À l’opposé, le délicat Miossec, entré sur la scène de l’industrie quelques minutes plus tard prend, un peu tard la mesure de l’erreur de programmation qui s’impose ici. Accompagné d’un groupe délicat composé, entre autres d’une violoncelliste et d’une pianiste, Christophe le brestois n’arrivera jamais à couvrir le son venu de la grande scène et n’appréciera pas du tout de voir son set parasité de la sorte par, « ces vieux punks qu’il convient d’achever ». On peut le comprendre… De plus en plus abîmé par l’alcool et la vie, ses versions live de, La Fidélité ou du plus intimiste, Brest, joué en rappel ne manquent pas de sel et de convictions et la mise en scène comme la mise en musique auraient pu faire de ce set un moment de grâce. Mais, The Offspring et la programmation de Rock en Seine en auront décidé autrement.

Safari photo

Ayant affolé la sphère média toute la journée sur des rumeurs de « dernier concert », les Fauve ont enchaîné les ITW et se sont, pour une fois montrés à visages découverts. Ceux qui refusent les photos de face et imposent le flou pour leur cliché de scène jouent à la nuit tombée sur la scène de l’industrie. Un pare terre d’adolescent et de post adolescents rend hommage à leur courte, mais lumineuse carrière. Dans ce mélange savant de sonorités bouclées, d’instruments classiques et de flow en mode spoken word, la rage lyrique de Quentin Postel, Pierre Cabanettes, Simon Martellozo, Nicolas Dardillac et Stephane Muraire – une maigre partie d’un collectif créatif, Fauve Corp qui sévit parfois jusqu’à vingt membres – s’exécute avec talent sur les titres, Nuits Fauve (le nom du groupe est tiré du film culte, Les Nuits Fauve de Cyril Collard sorti en 1992), Les Hautes Lumières et, surtout, l’Infirmière.

« Le porno, le métro, la Seine, les nuits parisiennes, les femmes cyprines »…qu’on aime ou qu’on n’aime pas Fauve, ils ont été et sont le reflet et le symbole de la génération 2.0 des années 2010.

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Club Foot

Rarement les Kasabian ont été programmés en tête d’affiche d’un festival aussi important que Rock en Seine. Sur la grande scène, Tom Meighan en état d’ébriété avancée et Sergio Pizzorno, comme toujours survolté dans son habituel costume squelette vont profiter à plein de cette mise en avant et offrir un set, électrique de plus de seize titres devant une foule que la nuit pousse dans ses dernières folies. Étrangement introduits par le Day O d’Harry Belafonte, le groupe de Leicester démarre en trombe sur les airs de Bumblebeee. Le foot, les quartiers populaire d’Angleterre, le rock exctasy…les Kasabian replongent les plus anciens dans les années 95 et la fin de la deuxième invasion britpop. Le Shoot The Runner qui s’ensuit confirme cette tendance nostalgique. Il faut dire que, si le dernier disque de Kasabian recèle quelques pépites, quasi électro comme Eez Eh, il ne tient pas la distance avec le passé sulfureux de la formation. Pour entracte, Tom Meighan gratifie un public médusé du, People Are Strange des Doors. Un hommage, appuyé par quelques mots personnels, les yeux levés au ciel au grand Jim Morrisson. Une pause pour mieux appuyer sur les titres Empire et l’inévitable, L.S.F, joué après un bruyant rappel du public enflammé. Seuls quelques uns auront reconnu le Praise You, nouvelle cover, made in Fat Boy Slim qui a précédé la conclusion du set.

Quelques unes des photos du festival Rock En Seine, édition 2015.

Texte: Olivier Kalousdian
Photos: William Soragna
Remerciements: Nathalie, Catherine & Marion @ Agence Ephélide, L’organisation du festival Rock En Seine.

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