Dans l’intimité de Trixie Whitley. Interview.

Être la fille d’une rock star ne doit pas toujours être facile. Malgré l’image du père, certaines réussissent à se faire un nom dans le même milieu. C’est le cas de Trixie Whitley. A 28 ans, la jeune belge exilée à New-York vient de sortir un second album : ‘Porta bohemica’ oscillant entre blues, rock et folk. Freakshow Magazine a eu la chance de la rencontrer lors de son dernier passage à Paris. Trixie s’est faite un plaisir de répondre à un petit questionnaire que nous lui avions spécialement concocté pour l’occasion.

Si tu étais une saison ?

Trixie Whitley : Probablement l’automne. Mais cela dépend de l’endroit. L’automne à New York est ma saison préférée, mais en Belgique c’est horrible !! (Rires). A New-York, cette période est une vraie transition, un peu comme si tu avais un peu de tout en même temps (soleil, pluie, chaleur, fraîcheur, etc…)

Si tu étais une ville ?

Trixie Whitley : Je pense que New-York me correspond vraiment. C’est une métropole mais c’est aussi une ville très isolée. J’aime beaucoup ce sentiment de me sentir complètement anonyme dans une aussi grande ville. Géographiquement, elle parait très petite, mais il y a tant de choses qui s’y passent, c’est incroyable. C’est une ville très extrême, et j’aime beaucoup cela. Elle est tellement stimulante, et en tant que personne j’ai vraiment besoin de me sentir très souvent stimulée. Je suis aussi très sensible à mon entourage. A New York, tant de choses peuvent survenir, tu ne peux pas ne pas te sentir affecté par tant d’imprévisibilité.

Si tu étais un Beatles ?

Trixie Whitley : Je serai probablement John Lennon. J’ai beaucoup suivi sa philosophie de la vie, sa manière de penser. Je pense que je n’ai pas été suffisamment bercée par la musique des Beatles pour me considérer comme une fan. Je dois posséder seulement deux disques du groupe alors que leur catalogue est gigantesque. De ce fait, j’ai un peu de mal à parler de leur musique. Mais j’aime son esprit et tout comme lui, il y a quelque chose au fond de moi qui voudrait changer le monde (Rires). Et je pense que tu dois être un peu fou si tel est ton désir et encore davantage lorsque tu penses pouvoir le faire. Lorsque tu regardes la politique, et le monde en général, ces gens qui ont ce pouvoir de changer les choses, c’est très souvent d’une manière négative, et la plupart du temps ce sont des psychopathes.

Fort heureusement, il existe des personnes qui ont une version lumineuse de cette idéologie comme Martin Luther King, Gandhi, Mandela ou John Lennon. Malheureusement, ils ne constituent qu’une infime minorité mais ils étaient conscients du don qu’ils possédaient. C’est d’ailleurs ce que je sens en moi, ce qui est présent dans mon subconscient depuis que je suis enfant. Je voulais utiliser ma voix pour réussir quelque chose, pas par ambition mais davantage dans un but précis, un peu comme si c’était le destin qui était derrière tout cela. J’ai besoin de l’utiliser pour communiquer à large échelle afin d’offrir quelque chose de positif à l’humanité.

Si tu étais une chanson de David Bowie ?

Trixie Whitley : Peut-être ‘Changes’ (Rires). Sa disparation a été un tel choc ! J’ai grandi avec sa musique. Philosophiquement parlant, c’est quelqu’un à qui je peux vraiment faire référence. En grandissant et en développant ma musique, j’ai réalisé combien je voulais embrasser cette consistance du changement. Culturellement, Bowie nous a appris à supprimer cela et à réfléchir sans idées préconçues. Nous sommes effrayés par l’incertitude et nous avons souvent peur du changement. Quand tu regardes la nature, tout est en évolution perpétuelle.

Ma manière de travailler musicalement consiste exactement avec ce même désir d’évolution, de mutation. Je ne veux surtout pas me retrouver enfermée dans un style ou un mouvement musical. Je me situe vraiment à l’opposé de tout ça, surtout si ça a déjà été fait un milliard de fois. Je pourrai enchaîner en parlant de politique mais je m’y refuse car lorsqu’on mentionne la politique, ça s’apparente à la manière dont on éduque les gens, comment tout cela entre dans notre culture. J’ai du mal à comprendre comment nous pouvons être aussi sous-développés intellectuellement parlant. Technologiquement, nous avons fait des progrès considérables, mais à côté de cela nous sommes en complète régression sur notre manière de gérer notre monde au quotidien.

Pour revenir sur John Lennon, il nous a offert avec sa manière de penser et à travers sa musique un message rempli d’espoir pour l’humanité. Celui-ci était honnête et précis sur l’essence même de l’être-humain. La politique est à des années-lumière de cela. Actuellement, il est devenu impossible de parler de civilisation dans le monde avec tout ce qui se passe. Les animaux sont plus civilisés que nous (Rires). Nous cherchons à tout contrôler et nous vivons tellement dans la peur. Le contrôle c’est la peur ! Cela constitue le parasite de l’humanité. Nous nous infligeons cela depuis des siècles.

Si tu étais une religion ?

Trixie Whitley : Probablement le bouddhisme (rires). C’est un autre topic sur lequel je pourrai m’étendre également très longtemps. Je suis quelqu’un de très spirituel, mais pas quelqu’un de religieux. Ma religion c’est l’énergie ! Car c’est ce qui nous fait vivre. Tu peux relier cela à la science, tu le peux le relier au cosmos, nous ne sommes qu’énergie. J’étudie constamment l’énergie qui m’entoure. Que je le souhaite ou pas, je très réceptive à ce qui m’entoure.

Si tu étais un juron ?

Trixie Whitley : C’est une bonne question ! (Rires). Probablement ‘Fuck !’(Rires). Je le dis tout le temps !

Si tu étais un format de disque ?

Trixie Whitley : Je serai un trente-trois tours. C’est un format qui me correspond car il est fort. Ce n’est pas comme de la musique d’ascenseur que tu écoutes distraitement. Le LP forme une unité et il est nécessaire de se concentrer sur ce qu’on écoute pour vraiment apprécier un disque sur sa longueur. Et en plus le son est meilleur ! (Rires).

Si tu étais un instrument de musique ?

Trixie Whitley : Je serai un kalimba ! (Rires). C’est un instrument précurseur. Initialement je voulais répondre une batterie, mais j’ai pensé à la mélodie et le kalimba c’est un peu la combinaison des deux. Un instrument rythmique mais également un instrument mélodique.

Si tu étais un super-héros ?

Trixie Whitley : Je n’en connais pas beaucoup en fait. Peut-être ‘Batman’. Je n’ai pas beaucoup de connaissance à leurs sujets.

Si tu étais un film de David Lynch ?

Trixie Whitley: Probablement ‘Mullholland Drive’. C’est un monstre! Dans le bon sens du terme. Je pense que les personnes très créatives sont un peu dingues! Il est tellement sophistiqué et si différent de tous ces films d’action qui proviennent d’Hollywood.

Si tu étais un homme ?

Trixie Whitley : David Bowie !! Du moins, j’aimerais vraiment cela.

Propos recueillis par Emmanuel Stranadica

Photo DR

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