The Cure, le world tour pop et romantique. Photos.

Le groupe mythique britannique The Cure est de retour sur scène pour un world tour qui vient de démarrer outre-Atlantique. Le leader Robert Smith semble avoir une nouvelle fois trouvé les bons arguments pour entraîner avec lui ses acolytes sur les routes du continent nord américain, australien, et également européen. Au total plus de 70 concerts annoncés dans de grandes salles de plus de 15 000 personnes, presque toutes sold-out. C’est un véritable tour de force pour ce groupe qui n’a pas sorti de nouvel album depuis 2008 (4:13 Dream) et qui a vu les dates se remplir les unes derrière les autres juste après leur annonce.

Avec plus de 35 années d’existence, The Cure pourraient se contenter d’interpréter exclusivement leurs tubes pop qui les ont rendus populaires au milieu des années 80, et au début des années 90. Mais comme l’a indiqué Robert Smith, cette tournée est une occasion de revenir sur l’ensemble de la production du groupe, et d’offrir un large aperçu de la richesse des compositions du groupe. Le public peut s’attendre à partager l’imaginaire et la passion qui se dégagent de nombreux morceaux et qui leur confèrent une importante dominante romantique.

_DSC2953Les origines de la tournée.

Depuis quelques années The Cure se contentait d’assurer quelques festivals ici ou là, de rares concerts de charité pour le Teenage Cancer Trust, ou encore des shows isolés et exceptionnels. Mais alors Qu’est ce qui a bien pu motiver les anglais pour choisir d’annoncer autant de shows sur une tournée mondiale ? En réalité et comme souvent eux, personne ne le sait vraiment. Si ça se trouve Robert Smith ne le sait pas lui-même. La seule indication qui a fait surface lors de l’annonce du tour à l’automne dernier, était une promesse de morceaux inédits. Depuis les rumeurs sont allées bon train. De nombreux fans ont été longtemps persuadés de voir sortir un nouvel album juste avant le début du tour. Il n’en fut rien. Cet hypothétique nouvel opus aurait été en réalité le premier marquant l’arrivée de Reeves Gabrels parmi les membres du groupe. Cet américain, ex-guitariste de David Bowie et ami de Robert Smith, a rejoint le groupe depuis quelques années déjà, en remplacement de Porl Thompson qui se consacre désormais à d’autres formes d’art.

En fait,  deux nouveaux morceaux ont bel et bien été joués durant chaque concerts depuis un mois de tournée maintenant aux États-Unis. Cela ne semble cependant pas suffire à rassasier l’appétit des fans à travers le monde. Il sont encore nombreux à rêver d’un ultime album à la hauteur des meilleurs du groupe tels que Disintegration ou Bloodflowers. Un album qu’ils imaginent paraître avant les dates européennes du tour. Les plus pessimistes pensent au contraire qu’il s’agit en réalité d’une tournée d’adieu, les titres inédits n’étant que de simples clins d’oeil offert comme des bonus lors de chaque concert. L’un des deux morceaux justement intitulé It Can Never Be The Same semble favoriser l’hypothèse la plus pessimiste.

Quoiqu’il en soit, et en ce qui nous concerne, nous sommes très excités par ces concerts depuis leur annonce en octobre dernier. Cette excitation a atteint un tel sommet que nous avons même décidé de nous rendre sur le sol américain pour assister à quelques concerts du début de la tournée. Chanceux parmi les chanceux, nous avons également obtenu l’autorisation de faire quelques photos pour illustrer notre article lors des concerts à El Paso (TX) et Chula Vista (CA).

_DSC2037Dallas, El Paso, Chula Vista.

Nous avons pu nous rendre à trois concerts sur une semaine, de Dallas à Chula Vista, en passant par El Paso. Autant vous l’avouer, c’était avant tout beaucoup de fatigue, et un état de jetlag permanent. Mais le jeu en valait la chandelle. Nous avons assistés à trois fantastiques concerts de trois heures de musique par soirée. Cerise sur le gâteau, nous avons eu le privilège de croiser le groupe après le concert d’El Paso, qui avait choisi le même hôtel que nous. Une occasion d’apprécier Roger O’Donnell en mode décontracté et souriant, tout comme Simon Gallup autour du bar de l’hôtel où quelques fans étaient réunis avant d’aller se coucher. Reeves Gabrels, Jason Cooper et Robert Smith sont passés en coup de vent, préférant sans doute profiter de leur quelques heures de sommeil avant le concert suivant. Il faut en effet souligner qu’il s’agit d’une tournée marathon. Les concerts s’enchaînent en règle générale tous les uns ou deux jours. Il faut avoir une sacrée forme pour pouvoir tenir un tel rythme.

Ambiance sur scène.

Difficile de juger de l’ambiance au sein du groupe sur scène en étant simple spectateur. Chacun semble très concentré et très professionnel. Et nous sommes subjugués par la qualité des prestations. Il s’agit du début du tour, les musiciens doivent naturellement prendre leur marque et penser à tenir la distance pour pouvoir assurer trois heures de show chaque soir. Roger met souvent plus de temps à se décrisper que les autres, mais termine toujours les concerts de bonne humeur. Simon, le jumpy-bassist, ne s’essouffle jamais. Increvable, il bondit sur scène avec sa sublime basse au nouveau design jaune et noir, montrant le symbole d’un lion anglais, ainsi que d’une belle rose. Nous avons du mal à apercevoir Jason qui est souvent caché par ses fûts de batteries, et l’ensemble des pieds de micro. Reeves nous hypnotise avec son jeu de guitare qui subliment particulièrement des morceaux tels que A Night Like This, From The Edge Of The Deep Green Sea. Merveilleux!

_DSC2102Un public de fans.

Dans l’ensemble, les fans américains sont tous excités à l’idée de retrouver leur groupe favori sur scène. Ceux que nous avons rencontrés sont plutôt très sympathiques et ont un esprit de fraternité et une joie communicative. Au fil des années, certains sont devenus des fans hard-core qui n’hésitent pas à suivre le groupe sur plusieurs dates du tour. Mais, que ce soit au Texas ou en Californie, ce que nous avons le plus apprécié c’est d’avoir croisés des fans hispaniques de The Cure. Certains étaient des locaux certes, mais de nombreux autres avaient fait le voyage pour l’occasion, en particulier à Chula Vista, qui se trouve près de la frontière mexicaine. La réputation caliente des hispaniques n’est plus a faire, ils comptent sans nul doute parmi les fans les plus chaleureux de la planète comme nous l’avions déjà constaté en Espagne, ou au Mexique. Ils rendent toujours ces concerts encore plus incroyables qu’en temps normal.

Une setlist différente chaque soir.

Il se murmure que The Cure auraient répété quasiment une centaine de titres pour cette tournée. A raison d’une trentaine de titres joués chaque soir, cela laisse tout de même un large choix de combinaisons possibles. La structure des concert reste souvent la même: un set principal d’environ une heure et demie, dont le titre d’introduction et le dernier morceau appartiennent au même album, complétés par des morceaux de tout horizon, avec des indispensable tels que Want, Picture Of You, A Night Like This. Ensuite le groupe offre trois ou quatre rappels en fonction du temps imparti restant. C’est l’occasion de jouer les deux morceaux inédits. Les fans s’accordent d’ailleurs à trouver It Can Never Be The Same d’une grande beauté, et espèrent une version avec un enregistrement studio. Nous sommes plutôt d’accord avec eux d’ailleurs. Les anglais proposent également des titres rares comme par exemple l’exceptionnel Burn et même des b-sides inattendues comme le vivifiant The Exploding Boy. En général, la fin du concert est constituée par un enchaînement d’un nombre insensé de tubes, qui ont marqué trois décennies de musique et qui sont dans la tête de chacun: The Lovecats, Why Can’t I Be You, Close To Me, In Between Days, Just like Heaven, ou encore l’incontournable Boys Don’t Cry. Une façon de finir les shows sur des tonalités très pop qu’affectionne Robert Smith tout particulièrement.

_DSC2160Fin de tournée américaine.

The Cure doit encore se rendre de Chicago à Miami, en passant entre autres par Boston, New York City, Charlotte ou Atlanta. Le groupe marquera ensuite un petit break juste avant d’aller jouer à Honolulu à la mi-juillet et d’enchaîner ensuite avec la Nouvelle Zélande et l’Australie. Ensuite place à des vacances un peu plus longues. La tournée européenne ne débutera qu’en octobre prochain. Une trentaine de dates qui vont s’étendre de l’Europe du nord au sud avant de s’achever à Londres au début du mois de décembre.

_DSC1034Trois concerts pour le France.

La France ne sera pas en reste côté concerts. The Cure doit en effet s’arrêter et jouer dans trois villes, Paris, Lyon, et… Montpellier. Le concert de Paris est d’ores et déjà annoncé comme sold-out et aura lieu le 15 novembre 2016 à l’Accord Hotel Arena (ex-Paris Bercy). La date coïncidera quasiment avec celle des attentats de Paris et du Bataclan à un an d’intervalle. Il se murmure à ce sujet qu’un concert surprise de The Cure pourrait se tenir dans cette même salle qui aura alors rouvert ses portes. Mais nous n’en sommes pas encore là et en attendant vous pouvez toujours consulter les dates des prochains concerts du groupe à cette adresse http://thecure.com/events

William Soragna

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William Soragna conjugue sa passion pour la musique et son talent de photographe pour illustrer les articles de Freakshow magazine.

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