ARCHIVE – The False Foundation. Showcase Studio Ferber.

Londinium’s Calling !

Londinium, premier opus du collectif protéiforme qu’allait bientôt devenir Archive reste, pour les puristes comme l’album de référence du groupe londonien. Inventif, sombre et torturé, il posera, avec ses cousins de Massive Attack et Portishead les bases du courant trip hop. Après avoir tutoyé les sommets du Krautrock, du rock progressif et être revenus à un rock brut d’une noirceur égale à l’avenir qui se dessine devant nous, Archive nous avaient promis de briser leurs chaînes et de renverser la table pour cet onzième album studio qu’ils voulaient comme un retour aux sources.

Chose promise, chose due. Après un premier titre quasi instrumental (Driving In Nails) sorti en teaser à la fin de l’été et qui en avait laissé plus d’un suspicieux quant au virage pris par le groupe, Archive et PIAS invitaient une poignée de journalistes et de photographes au studio Ferber le 6 octobre dernier pour une écoute complète et un showcase acoustique de, The False Foundation. En line up resserré composé de Darius Keeler, Dave Pen et Pollard Berrier, l’écoute complète de l’album, puis les quatre titres interprétés en cette soirée de lancement de, The False Foundation (Darius Keeler s’octroyant le privilège d’accompagner ses deux chanteurs sur le piano à queue où prirent place, Serge Gainsbourg ou Nick Cave…) vont conforter les fans d’Archive et même les autres ; The False Foundation est un pur album concept comme seul Archive savent les créer et qui renvoie, par son coté fourre tout, mais ingénieux le célèbre Londinium. Un disque qui ne saute pas immédiatement à la figure, mais qui mérite une réelle et attentive écoute (voire plusieurs) avant de se laisser maîtriser et de pouvoir appréhender l’étendue des influences (A Thousand Thoughts qui rappelle, avec surprise quelques titres des Beatles ; l’électro speed Underworldienne de Stay Tribal) et du champ des possibles du collectif Archive (l’iconoclaste et très mystérieux Driving In Nails qui aurait toute sa place dans un film de David Lynch).

archive_002-copieDans une ambiance des plus feutrées, Darius Keeler, Dave Pen et Pollard Berrier démarrent leur showcase avec le très langoureux, Blue Faces (qui ouvre l’album) sur un piano seul et voix. Évidemment, dans un studio d’enregistrement, placés à quelques mètres des protagonistes, tout cela prend une certaine ampleur…
Puis, trois autres titres tirés de l’album The False Foundation, suivi d’un, Bullets et d’un Again en acoustique qui rappellent l’importance du catalogue et des compositions du groupe qui a fêté ses vingt années de carrière.
A noter, le titre éponyme et réussi, The False Foundation, son rythme endiablé et ses sonorités à la John Carpenter qui, lui aussi n’est pas sans rappeler la dernière mouture de Birdpen (Dave Pen et Mike Bird ; tous deux membres permanents d’Archive) et leur titre, The Chairman.
The Weight Of The World qui conclut The False Foundation risque de surprendre et de déstabiliser avec son chant chorale tout en reverb et sa mélodie facilement mémorisable et quasi ragtime (en coupure)… Une ode électro pop de Noël avant l’heure, pour enfants pas sages !

Avec une seule date de programmée à Paris, à la salle Pleyel le 29 novembre prochain (Darius Keeler nous confiera qu’il a choisi cette salle car c’est une des seules dans laquelle Archive n’ont jamais joué), Archive font aujourd’hui le pari de live assis et studieux versus les grandes messes populaires.

Texte: Olivier Kalousdian
Photos: Loll Willems

 

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