Le Festival FNAC Live 2017. Photos.

Retour sur la troisième et dernière journée de ce rendez-vous incontournable qu’est le festival Fnac Live, sur le site exceptionnel de l’Hôtel de Ville de Paris.

A l’instar des deux journées précédentes, deux scènes sont en concurrence. Celle du parvis, d’abord, qui accueille la majorité des concerts, en accès libre. Celle des salons de l’Hôtel de ville ensuite, gratuite également mais accessible à quelques privilégiés, sur invitation.

En ce samedi, c’est au label Beggars que revient l’honneur de chauffer l’ambiance, alors que le public du parvis est encore clairsemé.

_DSC7155Eddy de Pretto et Tim Dup sont programmés à la même heure.

Le premier est le plus récent vainqueur du prix des iNOUïS du Printemps de Bourges. A la confluence des musiques à flow et de la grande chanson française, il claque ses consonnes comme le faisait un Jacques Brel et a déjà la réputation d’un gros performeur sur scène. Cette fois encore, sous le même soleil de plomb que les jours précédents, c’est validé.

Jeune artiste français, Tim Dup avait déjà séduit les programmateurs de Rock en Seine l’an passé. On le retrouve dans les salons de l’Hôtel de ville, pour être à nouveau séduit par sa maturité tout autant que sa fraîcheur. Seul au piano, il égrène ses chansons solaires et tristes à la fois, mises en valeur par une voix claire qui rappelle parfois celle d’un Mano Solo. Dans ce cadre classieux comme il en est peu, sous les lustres à pampilles et le plafond peint témoins de tant d’années d’histoire de France, sa poésie chantée fait l’unanimité dans la salle, y compris parmi les enfants dont certains ne peuvent cacher leur enthousiasme. Après son EP, l’album doit paraître en octobre.

_DSC4554Seul groupe français signé chez le label anglais Domino Records (Arctic Mokeys, Elliott Smith) François And The Atlas Mountains leur succède dans ce cadre somptueux. Si le line Up a changé (ils sont 4 au lieu de 5, avec un nouvel arrivant, le musicien belge David Nzeyimana), on retrouve dès le premier titre l’ambiance des tournées précédentes avec leur fameuse choré et ce plaisir visible de jouer ensemble. « Si vous voulez faire des « Hi Hou Hi Hou » à la Mairie de Paris, c’est le moment où jamais », lance François Marry, cheveux gominés ramassés en arrière et début de moustache longue à la mexicaine, avant d’entamer Tendre est son âme, extrait de leur dernier album, Solide Mirage. Leur plus récente production est plus sombre, tout comme leurs références (Pornography des Cure, pour introduire le titre 1982). Pour autant, le set fait toujours la part belle aux rythmes africains, qui font danser comme pour mieux retrouver la légèreté d’un paradis perdu. Et lorsque le chanteur remonte la travée centrale jusqu’au fond du salon en dansant avec sa guitare, le public ne se fait plus prier. Ovation.

_DSC7777Pas de Jay Jay Johnson pour cause de Aliocha, la nouvelle sensation québécoise. “Bonjour, je m’appelle Aliocha et je viens du Canada”, annonce t’il sous les applaudissements nourris de la foule du parvis dont ceux, particulièrement appuyés, des jeunes filles du premier rang. Visage angélique encadré de bouclettes blondes, le jeune homme joue ses chansons folk d’inspiration Bob Dylan accompagné de sa seule guitare acoustique. Sa jolie voix a parfois des accents à la Teddy Thompson (le fils de Richard Thompson – comme Aliocha est le frère de l’acteur Niels Schneider ; des histoires de famille, en somme) et sa musique parvient à captiver le public, à présent nombreux, qui l’écoute religieusement (on entendrait voler une mouche). L’artiste en est à ses débuts et le set ne dure que 20 petites minutes, haché par la balance batterie de The Horrors. Tss tss tss, aucun respect pour la folk.

_DSC8039“Je suis habité par le soleil” lâche – en français s’il vous plaît – Faris Badwan, au moment précis où le soleil lui fait face, très exactement au milieu de la rangée des immeubles haussmanniens qui encadrent l’avenue Victoria. Toujours théâtral, le leader des très britanniques The  Horrors garde le costume mais finit par tomber les lunettes de soleil, comme par défi. Qu’il se saisisse de son micro avec l’air de vouloir en découdre ou reste immobile, le regard fixe sur la longue fin d’un morceau, ses postures sont parfaites, sa densité impossible à prendre en défaut. Il incarne ses chansons comme sa musique, et pour tout dire il incarne tout autant le rock et cette espèce de perfection affolante à l’anglaise, jusque dans sa voix, qui rappelle inlassablement celle de David Bowie.

Beaucoup de morceaux du nouvel album (sortie prévue le 22 septembre 2017) sont joués en live pour la première fois, pour un set fait de longs passages instrumentaux, de montées en puissance et de murs de guitare. Et même, d’un titre presque disco. On a hâte, en fait d’entendre cette nouvelle production qui leur avait fait annuler leurs concerts en France et préférer enregistrer en studio (on leur en veut encore un peu). Le son de the Horrors est impressionnant, sans doute l’un des meilleurs du moment. Et les musiciens, excellents, qu’on a longtemps pu trouver un peu trop statiques, vont et viennent désormais comme des vagues bouillonnantes. Au final, le bonheur est complet avec un Un Still life (“When you wake up, you will find me !”) grandiose et un I See You énormissime (le meilleur morceau de leur dernier album Luminous) en clôture de concert, sur lesquelles la basse et la guitare se déchaînent, le bassiste entamant une dernière fois une danse étourdissante avec son instrument.

_DSC9326Entre The Horrors et Julien Doré, petite moto, grand panda et effets pyrotechniques à gogo, on a choisi notre tête d’affiche !

L’édition 2017 se referme avec l’électro de The Blaze, dont c’est la première apparition parisienne avant de nombreuses autres, on n’en doute pas.

So long Fnac Live. You’ve been loved, cette année encore.

Texte Isatagada
Photos William Soragna

Remerciements: Cécile, Victoria, Elodie.

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